Colocatère transforme la coloc’ en placement

Un truc d’étudiants fêtards et chevelus, la colocation ? Plus vraiment, assurent les dirigeants de Colocatère, aux yeux desquels la colocation est devenue un mode de vie pour beaucoup de jeunes actifs, et plus seulement une nécessité. Mais d’un côté les propriétaires sont souvent réticents à louer à des colocataires, réputés bruyants et peu soigneux, et de l’autre, les logements ne sont pas adaptés à la vie en communauté. Dans cette tension, les fondateurs de Colocatère, Loïg Lemeilleur, Christophe Baudat et Sébastien Champion, ont vu un marché où s’engouffrer. « Aujourd’hui, il y a une vraie demande pour des colocations, mais pas de produits correspondants. Nous proposons à des personnes qui cherchent à investir de leur trouver des biens que nous transformons en colocations de standing, très attractives, et très rentables », résume Sébastien Champion. Aucune complication particulière pour le propriétaire, qui confie l’ensemble de l’opération à Colocatère. De la recherche du bien au traçage des plans, puis de la maîtrise d’ouvrage à la décoration et à la gestion locative, ce cabinet de gestion de patrimoine d’un nouveau genre s’occupe de tout, contre une commission.

200 000 € de mise minimum

« Il faut être capable d’un solide investissement de départ. Entre l’achat des murs et les travaux, nos clients investissent au minimum 200 000 €, c’est la seule limite du système. Mais ensuite, on peut compter sur une rente locative autour de 5 %, plus rentable que beaucoup de placements. On ne se met plus en colocation par défaut ; les gens sont prêts à payer 500, 600 € pour une chambre confortable et bien située », poursuit Sébastien Champion.

Question confort, Colocatère ne lésine pas : dans ses colocations, le cachet de l’ancien est conservé, chaque chambre a sa salle de bain, et les espaces partagés sont décorés avec soin, avec, en bonus, le baby-foot en sous-sol qui fait la différence. L’effort à fournir pour séduire une clientèle nombreuse, assure le dirigeant, pour qui « on a les locataires qu’on mérite ». Et le succès ne se dément pas.

Une levée de fonds de 2 M€

Après un lancement à Lille en 2008, Colocatère s’est développé à Reims, Bordeaux, Toulouse, Nancy et Paris. L’entreprise gère aujourd’hui 560 chambres, dans 200 habitations. Et le parc augmente en permanence. « Rien qu’à Lille, nous avons 20 chantiers en permanence. Cet été, nous aurons 750 chambres, et après notre levée de fonds, nous ouvrirons quatre villes par an, » glisse Sébastien Champion. Colocatère est en effet en train lever 2 M€, auprès d’un fonds d’investissement et de business Angels. Bouclée d’ici juin, cette levée de fonds devrait lui permettre de répondre à la demande, qui vient « de partout ». Colocatère compte ainsi s’implanter à Lyon, Rennes, Nantes, Marseille, Strasbourg, Clermont-Ferrand… « On a davantage de demandes que d’offre, actuellement, on a autour de 25 commandes à honorer, mais il faut trouver le bon bien, bien placé, au bon prix », résume Sébastien Champion. L’entreprise de 15 salariés, qui recrute « en permanence », a doublé son CA entre 2016 et 2017, clôturée à 7,5 M€, et a déjà dépassé ce chiffre pour 2018.

Source : lejournaldesentreprises.com